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Chiffrage

DPGF : définition, différences avec le BPU et le DQE, et comment la remplir

Ce qu’est une DPGF, ce qui la distingue du BPU et du DQE, comment la remplir sans abîmer le fichier de l’acheteur, et les erreurs qui coûtent un marché.

9 min de lectureMis à jour le

La DPGF, ou décomposition du prix global et forfaitaire, est le tableau dans lequel le candidat détaille, poste par poste, le prix global et forfaitaire de son offre. Elle accompagne les marchés à prix global et forfaitaire, alors que le BPU (bordereau des prix unitaires) fixe des prix unitaires appliqués aux quantités réellement commandées, et que le DQE (détail quantitatif estimatif) applique ces prix unitaires à des quantités estimées pour comparer les offres. La remplir paraît simple : un prix par ligne. Les offres se perdent pourtant sur des détails : une quantité modifiée, une ligne oubliée, une formule écrasée, un total qui ne correspond plus à l’acte d’engagement. Voici comment la lire, la remplir et la contrôler.

Qu’est-ce qu’une DPGF ?

Dans un marché à prix global et forfaitaire, le candidat s’engage sur un prix unique pour l’ensemble des prestations décrites par les pièces techniques, le plus souvent le CCTP et les plans. Ce prix couvre en général tout ce qui est nécessaire à la réalisation de l’ouvrage ou à la livraison des équipements décrits, même si un poste a été sous-estimé dans le tableau. La DPGF en montre la composition : chaque ligne reprend un poste, avec sa désignation, son unité, sa quantité, son prix unitaire et son montant.

L’acheteur s’en sert pour comparer les offres poste par poste, pour détecter un prix anormal et, pendant l’exécution, comme base des acomptes ou des avenants. Selon le marché, la DPGF est une pièce contractuelle ou un simple document de décomposition : la liste des pièces contractuelles du CCAP le précise, avec leur ordre de priorité. Lisez-la avant de remplir quoi que ce soit, comme le reste du dossier de consultation (voir notre méthode pour analyser un DCE).

Dans les marchés de travaux et de fournitures livrées et installées, la DPGF est souvent organisée par lot, puis par chapitre et par repère : chaque repère correspond à un article du CCTP, par exemple un équipement de cuisine, une unité de climatisation ou un ensemble de menuiseries.

DPGF, BPU, DQE : les différences

Les trois documents se ressemblent, car ce sont des tableaux de prix. Ils ne répondent pourtant pas au même type de prix, et ne vous engagent pas de la même façon.

DPGF, BPU et DQE comparés
DPGFBPUDQE
Nom completDécomposition du prix global et forfaitaireBordereau des prix unitairesDétail quantitatif estimatif
Type de prixPrix global et forfaitairePrix unitairesPrix unitaires du BPU × quantités estimées
Marchés typiquesTravaux, fournitures livrées et installées à périmètre définiAccords-cadres à bons de commande, quantités variablesAccompagne un BPU pour juger les offres
QuantitésDonnées par l’acheteur, à vérifierAucune, ou indicativesEstimées par l’acheteur, souvent fictives
Ce qui engageLe prix globalChaque prix unitaireEn général rien : il sert au jugement
Ce qui est payéLe prix global, selon les modalités du CCAPLes quantités commandées × les prix unitairesRien en tant que tel

Une même consultation peut combiner les deux logiques : une partie forfaitaire décomposée dans une DPGF et une partie à prix unitaires dans un BPU, par exemple pour des prestations de maintenance commandées à la demande. Quand un BPU et un DQE coexistent, le règlement de la consultation prévoit en général qu’en cas de discordance, le prix unitaire du BPU prévaut et que le DQE est rectifié : vérifiez cette clause, car c’est elle qui dira quel montant l’acheteur retient pour juger votre offre.

Lire la DPGF avant de la remplir

Avant de saisir un seul prix, faites le tour du fichier. Relevez :

  • Les lots et les feuilles. Un classeur peut contenir plusieurs lots, un récapitulatif, une feuille de marques et types. Ne remplissez que le lot auquel vous répondez, dans la feuille prévue.
  • Les colonnes à compléter. En général le prix unitaire, parfois le total, la marque, la référence ou un délai. Les autres colonnes appartiennent à l’acheteur.
  • Les unités et les quantités. Unité (U), ensemble (ENS), forfait (FT), mètre linéaire (ML) : une même désignation ne se chiffre pas de la même façon à l’unité ou à l’ensemble.
  • Les PSE et les variantes. Les prestations supplémentaires éventuelles ont leurs propres lignes ou leur propre cadre ; les variantes ne se proposent que si le RC les autorise.
  • Les lignes pour mémoire. Une ligne « PM » ou « inclus » attend une mention, pas un prix ; une ligne vide peut être lue comme un oubli.
  • Les formules et la protection. Totaux, sous-totaux et récapitulatif sont souvent calculés par des formules, dans une feuille protégée où seules les cellules à remplir sont déverrouillées.

C’est aussi le moment de rapprocher chaque repère du CCTP. Une quantité qui diffère entre la DPGF et le CCTP, ou un repère sans article correspondant, se traite pendant la consultation, pas après la remise des offres. Notre article sur la conformité au CCTP détaille ce rapprochement exigence par exigence.

Exemple

Une quantité qui ne correspond pas au CCTP

La DPGF du lot 3 indique une quantité de 2 au repère 3.27 ; l’article correspondant du CCTP décrit 3 appareils. En prix global et forfaitaire, le prix couvre en général l’ensemble des prestations décrites : le troisième appareil risque de rester à votre charge si vous en chiffrez 2 sans rien dire.

Le bon réflexe est de poser la question à l’acheteur dans le délai prévu par le RC. Sans réponse, gardez la quantité de la DPGF si le RC interdit de la modifier, et explicitez l’hypothèse retenue dans le document prévu à cet effet, quand le RC en admet un.

Remplir la DPGF sans abîmer le fichier de l’acheteur

L’acheteur a construit son fichier pour comparer les offres : il attend le même fichier en retour, rempli. Quelques règles évitent l’essentiel des incidents.

  1. Travaillez dans le fichier fourni, au format demandé. Ne recréez pas le tableau dans votre propre modèle, et ne convertissez pas un classeur en PDF si le RC demande le fichier tableur.
  2. Ne saisissez que dans les cellules prévues. Une cellule verrouillée qui devrait recevoir un prix est une anomalie à signaler à l’acheteur, pas une protection à contourner.
  3. Laissez les formules calculer. Un total remplacé par une valeur ne se met plus à jour quand vous corrigez un prix, et l’écart passe inaperçu jusqu’au jugement.
  4. Ne touchez ni aux désignations, ni aux unités, ni aux quantités, et n’ajoutez ou ne supprimez aucune ligne, sauf si le RC prévoit des lignes à compléter par le candidat.
  5. Saisissez des prix arrondis au centime, en valeur et pas seulement à l’affichage.
  6. Chiffrez chaque PSE demandée dans son cadre, sans la mélanger au total de base.
  7. Conservez la mise en forme : cellules fusionnées, styles, largeurs de colonnes et feuilles masquées font partie du fichier que l’acheteur va relire.

Exemple

Un prix affiché au centime, une valeur qui ne l’est pas

Un prix unitaire issu d’un calcul vaut 1 234,5666 € ; la cellule l’affiche 1 234,57 €. Pour une quantité de 3, la formule de l’acheteur calcule 3 703,6998 €, affichés 3 703,70 €. Le lecteur qui refait le calcul à partir du prix affiché trouve 1 234,57 × 3 = 3 703,71 €.

Un centime d’écart ne fait pas perdre un marché, mais il ouvre une question sur le prix réellement proposé, et il se multiplie sur des dizaines de lignes. Arrondissez la valeur saisie : 1 234,57 €, et le total vaut bien 3 703,71 €.

Cohérence avec l’acte d’engagement, le CCTP et le BPU

La DPGF ne vit pas seule. Avant la remise, vérifiez qu’elle concorde avec :

  • L’acte d’engagement (souvent le formulaire ATTRI1) : le montant qui y figure doit être exactement le total de la DPGF, avec ou sans les PSE selon ce que demande le RC.
  • Le CCTP : chaque repère chiffré correspond à un produit conforme, et le tableau des marques et types, quand il est demandé, cite le même produit que celui que vous avez chiffré.
  • Le BPU, s’il existe : un même produit ne doit pas porter deux prix unitaires différents d’une pièce à l’autre.
  • Le mémoire technique et les fiches techniques : ce que vous décrivez et documentez est ce que vous avez chiffré.

Les erreurs qui coûtent un marché

Erreurs fréquentes dans une DPGF
ErreurConséquence possibleParade
Quantité modifiée sans autorisationOffre non conforme ou difficile à comparerPoser la question, garder la quantité de l’acheteur
Ligne supprimée ou laissée videOffre incomplète, donc irrégulièreChiffrer chaque ligne ou porter la mention attendue
Formule écrasée par une valeurTotal faux après une correctionNe saisir que dans les cellules prévues
Total différent de l’acte d’engagementDoute sur le prix réellement proposéReporter le total après le dernier contrôle
PSE non chiffrée alors qu’elle est demandéeOffre irrégulièreRepérer les PSE dès l’analyse du DCE
Fichier ou feuille d’un autre lotOffre inexploitable pour le lot viséUn dossier par lot, des noms de fichiers explicites

Remplir la DPGF avec humatch

humatch part du fichier de l’acheteur et y revient. À l’analyse du DCE, il lit les DPGF, BPU et DQE de chaque lot et retient, pour chaque repère, la feuille et la cellule d’où il vient. Quand un même repère figure dans deux pièces de prix d’un même lot, les quantités ne sont pas additionnées ; une association ambiguë ou une quantité contradictoire devient un écart à lever avant de chiffrer.

Le prix unitaire de chaque repère vient du chiffrage (voir notre méthode de chiffrage), une fois la version de prix validée par la direction. humatch l’écrit alors dans le classeur de l’acheteur, et seulement dans les cellules modifiables. Il vérifie que la ligne visée porte bien le code du repère, n’écrase jamais une formule, et laisse les totaux aux formules de l’acheteur, recalculées à l’ouverture du fichier. Marques et références sont reportées dans les colonnes ou la feuille prévues quand la DPGF en comporte. Tout ce qui n’a pas pu être écrit (cellule verrouillée, prix unitaire en formule, ligne décalée, repère non chiffré) est listé pour la note d’anomalies ou un traitement à la main.

Le DPGF de l’acheteur rempli par humatch : prix unitaires dans les cellules prévues, totaux calculés par les formules du classeur (données fictives).

Ce remplissage est vérifié par des tests d’aller-retour sur de vrais gabarits de DPGF : protections, cellules fusionnées, styles, formules et recalcul sont contrôlés après écriture. humatch produit aussi le BPU et le tableau des marques et types, et joint le tout au dossier de réponse. Voir toutes les fonctionnalités.

À retenir

Questions fréquentes

Que veut dire DPGF ?

DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. C’est le tableau qui détaille, poste par poste, le prix global et forfaitaire proposé par le candidat dans un marché public à prix forfaitaire, le plus souvent de travaux ou de fournitures livrées et installées.

Quelle différence entre une DPGF et un DQE ?

La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : c’est ce prix global qui engage le titulaire. Le DQE multiplie les prix unitaires du BPU par des quantités estimées par l’acheteur, pour comparer les offres d’un marché à prix unitaires ; il n’a en général pas de valeur contractuelle.

Peut-on modifier les quantités d’une DPGF ?

En principe non, sauf si le règlement de consultation l’autorise. Si une quantité vous paraît fausse, posez la question à l’acheteur pendant la consultation, puis tenez compte de sa réponse. En prix forfaitaire, une quantité sous-estimée peut rester à la charge du titulaire.

La DPGF est-elle une pièce contractuelle ?

Cela dépend du marché. La liste des pièces contractuelles, dans le CCAP ou l’acte d’engagement, indique si la DPGF en fait partie et à quel rang. Dans tous les cas, son total doit concorder avec le montant de l’acte d’engagement.

Que faire d’une ligne « pour mémoire » ?

Une ligne pour mémoire (PM) ne reçoit pas de prix propre : son coût est inclus ailleurs. Portez la mention attendue par le règlement de consultation plutôt que de laisser la ligne vide, qui pourrait être lue comme un oubli.

humatch remplit-il la DPGF de l’acheteur ou un modèle à lui ?

Celle de l’acheteur. humatch écrit les prix unitaires, et les marques et références quand elles sont demandées, dans les cellules modifiables du classeur fourni, sans toucher aux formules, aux protections ni à la mise en forme. Ce qui ne peut pas être écrit est signalé.

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